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La Décroissance ? Une réponse actuelle peu naturelle à une vraie question de la Nature pour demain

Demain La Décroissance N°10

samedi 8 juin 2013, par Stéphane Geyres

Depuis des milliers d’années, les hommes sont partagés entre la crainte et l’espoir pour leur avenir. Demain est source à la fois de la crainte d’une mort qui se rapproche et de l’espoir que ce restant de vie voit ses conditions s’améliorer, ou du moins celles des prochaines générations. Depuis des milliers d’années, cette crainte est pour bonne partie liée à la menace de famine, toujours possible. Longtemps, la famine était due à une trop faible capacité à exploiter la terre, à une trop forte dépendance envers les aléas de la Nature.

Et voilà que depuis un peu plus de deux siècles, avec l’arrivée du capitalisme et de la révolution industrielle, cette crainte de famine voit ses causes inversées : beaucoup craignent désormais que ce soit la Terre qui soit affamée par une population explosive et hors de contrôle, sans rapport avec les limites de notre Monde.

Les promoteurs de la thèse décroissante ont cette crainte et proposent d’y répondre par divers mécanismes visant à contenir, voire à infléchir, les croissances économique et démographique pour ne jamais atteindre ce seuil de non-retour où notre planète s’épuiserait irrémédiablement à nous nourrir.

Même si cela ne devrait pas nous concerner dans l’immédiat, il serait peu responsable de ne pas reconnaître que cette question que nous pose la Nature – notre population finira-t-elle un jour par épuiser ses ressources et dès lors risquer de disparaître ? – mérite une réflexion sérieuse. Mais contrairement aux « Décroissants », il me semble que notre réponse au futur sera la même que celle que nous avons donnée au passé : l’espoir quotidien que vit chacun de nous en de meilleures conditions futures nous mettra sur la voie.

Même si elle possède de nos jours une multitude de facettes, cette question n’est pas nouvelle. Bien des auteurs s’y sont frottés, dont le plus célèbre est sans doute Malthus en 1798. Or Malthus s’est trompé, nous sommes là pour le confirmer, cela du fait d’une mauvaise appréhension des mécanismes en présence. Nous connaissons aujourd’hui – ou depuis – de nombreux autres Malthus qui le plus souvent se trompent de façon identique ou similaire. Soyons clairs, je ne dis pas que la question de notre avenir limité ne se pose pas. Je pense par contre que beaucoup de ses analystes concluent à la catastrophe trop précipitamment.

Beaucoup des personnes inquiètes de notre Planète et de notre devenir à sa surface pensent que l’humanité n’est pas assez attentive à ces questions, voire qu’elle porte en elle-même les facteurs de sa disparition. Ainsi, le système capitaliste serait un des premiers facteurs de nos soucis écologiques et durables. Bien plus qu’un juste diagnostic, c’est à mon avis la preuve que trop peu de gens comprennent le capitalisme.

Car le capitalisme est un mécanisme social neutre, il n’est ni bon ni mauvais, il existe tout simplement. Et sa découverte a objectivement contribué à notre sortie de cette famine primitive. D’ailleurs, tout le monde est capitaliste. Dès qu’on économise quatre sous pour acheter le moindre outil, tel un crayon, on est dans le capitalisme. Où est le mal dans un tel projet ? Ou bien, faudrait-il ne plus avoir de projets ? Ce serait la meilleure manière de retomber dans la plus profonde des misères bien avant que la Terre fût tarie.

Parmi les travers du capitalisme, la recherche du profit est probablement la plus vilipendée. Elle pousserait ainsi aux pires actes écologiques pour de sordides et vaines satisfactions matérialistes de court terme. Il me semble là encore que l’analyse est trop sommaire. Car le profit est un indicateur hautement social. Il a deux significations majeures : l’utilité et le besoin. Celui qui vend ses produits et récolte ainsi de forts profits ne vole personne : par l’échange libre, il rend un service contre une somme. Chacun y gagne. Mais le profit est d’autant plus grand que le produit rend service et que la demande est forte. Où est donc le mal là-dedans ?

Bien sûr, il existe des abus. Bien sûr, certains polluent. Mais cela n’est pas une question de profit mais une question de droit mal respecté ou mal défini. Si une usine pollue une rivière, pourquoi le propriétaire de la rivière ne pourrait-il pas obtenir réparation ? La raison est hélas simple : nous vivons dans un système où trop souvent les rivières – comme beaucoup d’autres ressources sensibles – sont considérées comme « biens communs ». Pour les protéger paraît-il. Or un « bien commun » n’appartient en réalité à personne. L’état, pris entre le respect de la propreté de la rivière et l’augmentation des coûts de l’usine et donc du chômage, a vite fait de fermer les yeux sur la rivière. Et ne pas jouer ce rôle de protecteur que les naïfs croient possible.

Cet exemple simple illustre une des premières thèses des libertariens en matière d’écologie et partant de développement durable et du futur de notre système. Le problème ne vient pas du capitalisme, ni du profit. Il vient de l’état bureaucratique défaillant. Et plus on pourra privatiser la Nature, mieux elle sera protégée.

Nous y reviendrons plus bas. En attendant et pour terminer ce tour des erreurs classiques d’analyse socio-économique, considérons les critiques de « sur-production », de « société de consommation », voire celles imaginant des biens qui seraient « superflus ». Elles reposent toutes sur l’erreur anthropomorphique, c’est-à-dire que ses porte-parole raisonnent comme si l’humanité n’était qu’un ménage, une famille et se permettent de la juger du haut de leur insignifiance. Or l’humanité ne fonctionne pas comme une famille.

Dans une famille, la décision est claire. Le père, la mère, les deux, voire toute la famille décident. Puis on passe à l’action. S’ils décident de se serrer la ceinture pour « sauver la planète » (*) ils le font de manière explicite et unique, sur la base des données leur étant disponibles. Rien de tel pour l’humanité – et c’est précisément ce qui fait sa force. L’humanité est décentralisée, c’est chacun de nous qui y décide, en continu, sans concertation, sans jamais disposer que de données partielles. Et pourtant, le marché – car c’est bien de lui qu’il s’agit, processus continu de prise de décision par l’échange – a réussi à nous mener jusqu’en 2013.

(*) Je ne peux résister au passage à citer ce grand sketch de George Carlin, où il nous rappelle que « la Planète est passée par des choses bien pires que nous : tremblements de terre, volcans, la tectonique des plaques, l’inversion des pôles magnétiques, le bombardement astéroïde … et nous osons imaginer qu’elle pourrait être menacée par quelques sacs plastiques ? »

Ainsi, pour revenir aux biens « superflus » et leurs amis, ils ne sont qu’un jugement triplement erroné. En premier lieu parce qu’on se permet de juger à la place de l’humanité. De quel droit ? Quelle autorité pense donc incarner celui qui s’exprime ainsi ? Seconde erreur, cela suppose que le diagnostic malthusien serait fondé, ce qui est plus que contestable. Enfin, quel étalon peut-on exhiber pour mesurer le besoin d’autrui ?

Après le capitalisme et ses manifestations, la grande crainte de notre temps tient à l’épuisement des ressources de la planète. Alors on voit depuis quelque quarante ans fleurir les grandes inquiétudes sur la question : réchauffement climatique anthropomorphique, développement durable, nucléaire, pétrole.

Avant de plonger dans l’angoisse du manque, celle du fameux « peak oil » qui scellerait notre récession mais qu’on constate être constamment repoussé dans le futur, il me semble qu’il faut revenir sur la notion même de ressource naturelle et de matière première. Or les ressources naturelles n’ont rien d’absolu.

Le Professeur Pascal Salin, dans son superbe ouvrage « Libéralisme », nous éclaire ainsi : « C’est donc à tort qu’on accorde de l’importance à la possession de ressources naturelles pour évaluer les possibilités de développement d’une société. On peut d’ailleurs même dire […] que les ressources naturelles n’existent pas. En effet, elles ne jouent aucun rôle économique, c’est-à-dire qu’elles ne répondent à aucun besoin humain, aussi longtemps que quelqu’un n’a pas inventé une utilisation de ces ressources. Les vraies richesses ne sont pas matérielles et physiques, elles sont subjectives et les objets matériels ne sont qu’un support éventuel de l’activité intellectuelle et de l’action humaine. »

Et c’est d’ailleurs une des erreurs profondes de Malthus à l’époque. Il a oublié de prendre en compte l’innovation, donc le changement régulier de la nature des ressources essentielles, et l’adaptation sociale, celle qui fait que la natalité n’est jamais constante et tend à se réduire avec le niveau de la civilisation.

Autrement dit, devant la raréfaction des ressources actuelles, il faut se garder de conclure trop vite à notre appauvrissement prochain. L’histoire et la logique montrent que l’humanité est bien plus sophistiquée et sait s’adapter bien mieux qu’il y paraît, en faisant évoluer son besoin et sa consommation en ressources à la fois en nature (technologie) et en quantité (marché). Mais pour le comprendre, il faut comprendre le marché.

Ce dernier point, le rapport quantité et marché, mérite qu’on s’y attarde un instant. Car le mécanisme des prix est de loin la meilleure invention humaine pour contrôler la consommation des ressources. Mais qui s’en souvient ? Supposons le pétrole à un prix P correspondant à une offre O, laquelle est directement liée à son abondance et à la facilité de l’extraire. Si O vient à baisser parce que le pétrole se fait plus rare ou si son coût monte, P montera de même – simple loi de l’offre et de la demande. A partir d’un certain niveau de prix, la demande changera, certains n’ayant plus les moyens ou refusant de payer ce prix. Cette baisse de demande est le premier moyen de faire durer la ressource, dont la rareté croissante assure en réalité l’éternité.

Notons qu’il n’y a rien d’immoral à ce phénomène qui en effet prive les moins riches de l’accès à une ressource essentielle. Mais personne n’est en cause. L’humanité entière est à l’œuvre. Serait-elle immorale ?

Mais pendant que le prix monte et atteint des sommets, l’innovation est au travail. Plus le prix est haut et plus il devient possible de rentabiliser des alternatives coûteuses qui n’auraient pas pu se vendre si le pétrole était moins cher. Et donc plus le pétrole se raréfie, plus la probabilité s’accroît de lui trouver des alternatives. C’est ce phénomène qui s’enchaînant de technologie en technologie nous a conduit à 2013.

Attention cependant. Pour que les mécanismes de marché fonctionnent, il faut que celui-ci soit libre, c’est-à-dire qu’il faut que les choix soient purement ceux des individus, libres de toute contrainte réglementaire venant déséquilibrer leurs options. Les fameux « dysfonctionnements » du marché sont toujours le produit d’un biais étatique, d’une intervention ou d’une loi qui sort le marché de sa fonction. Il n’y a pas d’exception.

Enfin, la question de la protection de la Nature et des ressources en général. On l’a vu rapidement plus haut, le sujet serait facile s’il n’y avait en permanence tension entre protection et exploitation. C’est tout le sujet de la Décroissance : vaut-il mieux protéger plutôt qu’exploiter ? Cet arbitrage n’est jamais simple, il existe des arguments des deux côtés. La réponse libérale consiste justement à ne pas apporter de réponse. Mais plutôt d’insister sur le processus qui permet d’aboutir non pas à la meilleure réponse, mais à la réponse la plus juste – ou la moins injuste. Le mécanisme assurant cette fonction existe depuis des millénaires – et depuis des millénaires, il permet de protéger la Nature dans le sens donné ici : il s’agit de la propriété privée.

Bien que ce soit choquant pour bien des gens non avertis, la privatisation de la Nature – celle des espèces en voie de disparition par exemple – a largement fait ses preuves. La raison est très simple : elle laisse le seul propriétaire responsable de l’arbitrage protection vs. exploitation. Et comme l’intérêt du propriétaire s’inscrit dans la durée – et non dans le court terme comme on reproche souvent aux capitalistes – celui-ci a toutes les cartes en main pour naviguer au quotidien entre ses objectifs de gains et son objectif de temps.

Certains décroissants ou écologistes pourront avancer que tout cela est bien joli, mais le temps presse et le marché ne va pas assez vite, nous n’avons pas assez de temps, il faut donc intervenir. Est-ce si sûr ?

Pour mieux percevoir comment le temps intervient, il convient d’évoquer l’excellent livre de Peter W. Huber & Mark P. Mills, « The Bottomless Well » (Le puis sans fond »). Partant du mécanisme du marché, les auteurs constatent que le marché de l’énergie innove constamment selon deux axes dont la combinaison nourrit notre raison de penser que la dépendance au pétrole est bien moins évidente qu’il y paraît de prime abord.

Le premier axe touche l’exploration du brut. Plus on a d’énergie, plus on est capable de trouver de nouvelles techniques et plus il devient facile d’aller chercher du brut à des endroits jusque là inaccessibles. Donc en quelque sorte, plus on consomme de brut, plus on en trouve et plus on peut en produire. Bien sûr, il y aura une limite, un jour. Mais pour l’instant, depuis Drake ou ses prédécesseurs en 1855, cette règle s’applique.

La seconde idée tient à la sophistication, à la « montée de niveau » de la consommation énergétique. La voiture et le téléphone sont deux bons exemples pour l’illustrer. La voiture consommait à l’origine sa part de pétrole quasi-directement, même si le raffinage est devenu de plus en plus sophistiqué. Désormais, on voit de plus en plus de véhicules hybrides et même des voitures électriques, qui consomment une énergie indirecte, produite par le moteur à essence ou par une centrale. C’est encore plus net pour le téléphone qui se branche en USB sur un PC qui lui-même consomme une électricité issue d’un réseau de centrales diverses.

De plus en plus donc, la production énergétique primaire s’éloigne du lieu de consommation et même ne sert qu’à alimenter une source secondaire, mais dont le service, plus proche, offre plus de valeur ajoutée. Ce phénomène de découplage rend bien moins fragiles les points de consommation en permettant au réseau de production primaire de se reconfigurer, de changer peu à peu de technologie et de ressource, sans heurt.

Malgré tous ces indices de forte incertitude quant au manque prochain de source d’énergie et de ressources en général, le « peak oil » serait pour demain – ça fait quarante ans qu’on l’affirme. Un déclin inéluctable est ainsi mis en avant pour tout justifier. Alors on nous pousse vers l’organisation rapide de la « transition énergétique ». Et de multiplier les initiatives : villes de transition, Grenelle, Agenda 21, Kyoto et autres.

Ce qui est choquant chez tous ses projets ne tient pas tant à leurs objectifs et motivations qu’à leurs moyens. On l’a vu, même si il y a de nombreuses raisons de douter du risque prochain de manque, le doute existe et on peut comprendre que les plus inquiets ou convaincus – ou tout simplement ceux attirés par le mode de vie induit par ces projets – veuillent anticiper à leur niveau. Mais ils n’ont pas le droit d’imposer leur peur et leur conviction à ceux qui ne les partagent pas. De ce fait, il est injuste et immoral que le moindre soupçon d’argent public finance même en partie le moindre de ces projets. C’est à eux de trouver les fonds, seuls. Si l’idée de ces villes ou autres va tant que cela de soi, cela ne devrait pas être difficile de tout financer.

On objectera que l’intérêt général de préservation de la Planète devrait dépasser cette bête logique capitaliste et qu’il est suffisamment important pour que tout le monde participe un peu. La réponse libérale conteste précisément un intérêt général aussi peu fondé et qui ne saurait usurper le bénéfice du doute. Notre survie jusqu’ici a été assurée par l’arbitrage par le marché et non par le politique et il est essentiel, face à des questions aussi complexes et incertaines, que ce principe perdure. On y reviendra en conclusion.

J’ai beaucoup parlé des ressources et il ne faut pas oublier l’autre partie de l’équation, à savoir la population. Deux aspects, rapidement. Tout d’abord, il serait fâcheux d’oublier que la croissance de notre population est une bonne chose en soi. Pas juste parce que la bonté veut qu’on accueille à bras ouvert son prochain. Mais parce que sept et bientôt huit milliards d’humains, c’est autant de cerveaux et donc une démultiplication de notre potentiel collectif à penser notre situation et à y apporter chacun une partie de la solution globale.

L’autre aspect, c’est l’action de force. La Chine, il y a quarante ans, lançait la politique de l’enfant unique. Elle devrait incessamment la remettre en cause. Je ne suis pas dans la tête des dirigeants chinois, mais on peut supposer que les faits suivants les interpellent. Les autres pays n’ont pas suivi et la Terre tourne encore. Les conditions sociales ont radicalement changé et allongé l’espérance de vie au point qu’aucune analogie n’est possible avec la situation de l’époque. Leur population a continué de croître tout en s’enrichissant, mais les voilà devant une pyramide des âges totalement déséquilibrée. Quel bilan positif tirer d’une telle horreur ?

En fait, pour finir sur la population, un regard cynique sur l’histoire pourrait faire dire que la Nature est bien faite : dès que nous sommes trop nombreux, elle fait en sorte qu’une épidémie remette les compteurs à l’équilibre. Et que depuis un siècle, elle s’est même améliorée. Car désormais, les états prennent le relais pour organiser guerres, massacres et génocides très efficace pour apurer de quelques millions d’hommes.

J’ai tenté jusqu’ici de montrer combien le sujet est complexe, mais aussi que bien souvent on accuse à tort, par raccourci malheureux, le capitalisme et autres grands mécanismes « libéraux » d’être des causes malgré eux. Mon avis à ce point de l’exposé consiste à admettre que le monde est fini et que viendra probablement un jour où nous serons comme sur le sommet d’une courbe de Laffer de l’autosubsistance : passés de l’autre côté, nous commencerons à devoir gérer la pénurie, d’une façon ou d’une autre. Mais ce jour est loin.

Très loin même je pense, parce que comme libéral, je suis humaniste et donc j’ai confiance dans la capacité de l’humanité à repousser l’échéance. Toute l’humanité ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste, hélas. Il s’agit des politiciens et des bureaucrates, autrement dit l’état. On l’a vu plusieurs fois, c’est l’état qui, en perturbant les différents mécanismes naturels de la société humaine – arbitrage propreté vs. usine, Grenelles, guerres… – la rend plus malthusienne qu’elle ne serait dans un système d’hommes libres.

En fait, le sujet ne devrait pas être confié aux politiques, il est trop important. Le système politique mondial favorise une globalisation des orientations et des prises de décision. On le voit avec Kyoto, l’ONU, les ONG. A l’échelle du Monde, les décisions, les textes sont forcément simplistes même quand ils font des milliers de pages. Simplistes parce que reposant sur une subsidiarité mondiale ou du moins supranationale. Or on l’a vu, protéger la Nature, protéger ses ressources, cela ne peut se faire que sur le terrain, rivière par rivière, mine par mine, village par village. Et à cette échelle, c’est au marché libre d’assurer l’arbitrage. Personne, nul organisme politique aussi sophistiqué qu’il soit, ne pourra le faire plus efficacement et plus justement.

Le libéralisme libertarien repose sur l’absence de pouvoir politique, c’est-à-dire que chaque propriétaire a seul le pouvoir politique chez lui, sur l’absence d’espace public et l’intégrale privatisation de la Planète. La fonction d’arbitrage y est entière confiée au marché libre, où se concurrence librement des entrepreneurs innovants. Evitant tous les écueils passés en revue plus haut, il constitue selon moi, et mes amis libertariens, le système politique non seulement le plus humaniste, mais le plus « durable », dans tous les sens du mot.

Ainsi, aux Décroissants dont je comprends le doute sans le partager, je voudrais dire qu’ils se trompent de combat. L’analyse qu’ils font de la situation est erronée à de nombreux égards, j’ai essayé de le montrer. Et plutôt que de gâcher leur énergie à nous convaincre de réduire nos besoins, ce qui n’est attrayant pour pas grand monde, ils feraient mieux de militer pour une plus grande liberté de tous et de chacun dans la société.

Ce faisant, ils feraient coup double, pour leur Liberté, celle des autres, et pour sauver cette chère Planète.

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